Calixto Neto

Cie VOA

Calixto Neto

Originaire de Recife au Brésil et installé en France depuis 2013, Calixto Neto s’est formé au théâtre à l’université Fédérale de Pernambuco, puis à la danse au sein du Groupe Experimental de Danse avant de suivre le master de chorégraphie ex.e.r.ce,  du CCN de Montpellier. Membre de la compagnie de Lia Rodrigues de 2007 à 2013, Calixto Neto est aussi interprète dans les créations de Anne Collod, Mette Ingvartsen, Ève Magot ou Luiz de Abreu dont il reprend la célèbre pièce O Samba do Crioulo Doido en 2020. En 2021 il crée Outrar en collaboration avec Lia Rodrigues et Feijoada, sa première pièce de groupe. En 2023, il crée le solo IL FAUX, et actuellement, Bruits Marrons, pièce de groupe créée en 2025, est en tournée. Les travaux de Calixto ont pour dénominateur commun le désir d’inclure d’autres corps et couleurs dans la scène et le paysage contemporains. Sa pratique, éminemment collective, porte un désir de valoriser les groupes marginalisés et d’inscrire leurs présences dans les discours historiques.

Extrait de la note d’intention de Calixto Neto

« Jardim Atlântico est un projet chorégraphique protéiforme qui explore la mémoire, l’écologie et la spéculation imaginative. Son point de départ : un lieu bien réel et un nom chargé d’imaginaires, aussi chargé qu’un océan, qu’un biome. Jardim Atlântico, c’est le quartier où j’ai grandi, en périphérie de la ville d’Olinda, sur la côte de l’état de Pernambuco, nord-est du Brésil, une des premières villes constituées du territoire américain envahi en 1500. Ce nom m’a toujours évoqué quelque chose de puissant : la chaleur étouffante, l’humidité omniprésente, les rencontres, les récits qui circulent. Un lieu où j’ai appris à rêver, à fictionaliser le monde, où j’ai vu l’ancestralité dialoguer avec l’avenir.

Mais derrière cette douceur apparente, il y a aussi une tension. Celle entre la maîtrise d’un jardin, cet espace organisé et fertile, et la puissance indomptable de l’Atlantique. Une nature débordante, excessive, qui dépasse les cadres et réécrit sans cesse le paysage. Une tension qui évoque aussi les histoires de violence qui habitent ces eaux et ces terres, entre mythe et réalité, et les enjeux coloniaux et écologiques qui y sont liés.

Jardim Atlântico est touché par la brise de la mer, par une plage sale, pas belle. Il se trouve sur une côte qui un jour n’était qu’une seule terre avec l’Afrique, mais qui, aujourd’hui, présente deux territoires séparés par un océan qui donne son nom au quartier. Jardim Atlântico est aussi touché par un contraste social qui ressemble à plusieurs autres lieux au Brésil. Encore un quartier banal, périphérique. Et comme tout ce qui est banal, porte en soi une puissance de l’ordre de l’exceptionnel, parce que trop humain. Un quartier qui est nommé comme l’océan ; l’océan qui ouvre notre côte vers le monde, qui cache des mythes et morts, qui porte les mouvements de l’histoire comme des courants maritimes, un lit d’eau pour les violences du monde. Cet océan donne aussi son nom à un biome brésilien – Mata Atlântica, de nature exubérante, où tout pousse sans se poser la question, pousse inévitablement comme les conflits familiaux, comme les blessures coloniales, comme transpirer quand il fait chaud et humide.

Pour activer tout cet univers, j’imagine Jardim Atlântico comme une plateforme artistique mouvante, un espace de partage et d’expérimentations où la danse dialogue avec d’autres pratiques. C’est un jardin vivant, un territoire d’amitié et de résonances politiques, un lieu d’accueil pour les artistes des périphéries, les corps marginalisés, les récits invisibilisés. Un espace où se tissent des héritages, où se dansent les blessures, où l’inattendu peut éclore. Un projet habité par un univers imaginaire et qui peut prendre plusieurs formes d’ activation. »