Né à Rennes, François Chaignaud commence à pratiquer la danse dès l’âge de six ans. Diplômé en 2003 du Conservatoire National Supérieur de Danse de Paris, il mène depuis un parcours d’artiste singulier au croisement de plusieurs pratiques, à la fois danseur, chorégraphe, chanteur, acteur, historien et artiste de cabaret. Il vit à Paris et travaille internationalement.
Comme interprète, il collabore avec plusieurs chorégraphes tels qu’Alain Buffard, Boris Charmatz, Emmanuelle Huynh ou Gilles Jobin. Il crée ses propres pièces, telles que He’s One that Goes to Sea for Nothing but to Make him sick, dès 2004. Par elles, il tisse pour la danse le rêve d’une expression globale creusant la porosité et les potentialités du corps, celui-ci devenant un lieu infini d’apprentissages et de métamorphoses. Très tôt, ses performances sont marquées par l’articulation du chant et de la danse (Думи мої, 2013), mais aussi par la recherche d’outils permettant d’imaginer des expériences inédites de réinvention de soi et d’attention au spectateur (Aussi Bien Que Ton Cœur Ouvre Moi Les Genoux, en 2008, qui s’adresse à deux spectateurs).
Diplômé d’histoire, ayant publié aux Presses Universitaires de Rennes L’Affaire Berger-Levrault : le féminisme à l’épreuve (1898-1905), François Chaignaud nourrit son art de recherches approfondies qui puisent dans le passé gestes, émotions, représentations et formes-de-vie permettant de trouver de nouvelles manières d’être ensemble, de nouveaux principes vivifiants et désaliénants. Cette épaisseur historique se lit aussi bien dans ses propres pièces que dans les nombreuses collaborations qu’il ne cesse de mener, notamment avec la légendaire drag queen Rumi Missabu des Cockettes, le cabarettiste Jérôme Marin (dont Sous l’ombrelle, en 2011, ravive des mélodies oubliées du début du XXème siècle), les couturiers Romain Brau et Charlie Le Mindu, l’artiste Marie-Caroline Hominal (Duchesses, 2009), le musicien Nosfell (Icônes, 2016), le photographe Donatien Veismann ou encore les vidéastes César Vayssié et Brice Dellsperger (Body Double 35 et 39). Il a également collaboré avec l’artiste visuel SMITH (Désidération) et a tourné dans les projets de Tito Gonzales (Sphinx), de Marie Losier (Taxidermisez-moi), de Patricia Allio (Brûler pour briller) et de Nans Laborde Jourdàa (Boléro, présenté en sélection officielle de la semaine de la critique du Festival de Cannes et nominé aux Césars 2024). Il participe régulièrement à des cabarets tels que Le Secret, K.UND, La Barbichette, Les Moches et Madame Arthur.
François Chaignaud conçoit et défend son travail comme un art du maillage et de la collaboration avec d’autres artistes. De 2005 à 2020, il forme ainsi avec la danseuse et artiste Cecilia Bengolea un duo singulier au sein de la compagnie Vlovajob Pru, imaginant des pièces se présentant aussi bien comme des dispositifs de recherche explorant des expériences réelles de transformation du corps (Pâquerette en 2008, Sylphides en 2009), que la pratique d’une danse traversée par des références aux généalogies hétérogènes, allant des techniques du ballet classique aux danses urbaines. Ensemble, iels créent plusieurs pièces marquantes présentées dans le monde entier, parmi lesquelles Castor et Pollux (2010), Danses Libres (2010), (M)IMOSA (coécrite et interprétée avec Trajal Harrell et Marlene Monteiro Freitas, 2011), altered natives’ Say Yes To Another Excess – TWERK (2012), Dub Love (2013) et DFS (2016). Iels reçoivent le Prix de la critique de Paris en 2009 puis le prix Jeunes Artistes à la Biennale de Gwangju en 2014 pour l’ensemble de leur œuvre, qui est aussi interprétée par de grandes compagnies de répertoire telles que le Ballet national de Marseille, le Ballet de Lorraine à Nancy ou le Tanztheater Wupperthal en Allemagne.
Depuis cette pratique mixte, par laquelle chaque pièce est l’occasion d’un nouvel apprentissage, François Chaignaud développe une œuvre cumulative qui intensifie les possibilités d’invention d’un corps multidimensionnel, à la fois dansant, musical et chantant. A partir de 2017, il commence à se former au répertoire d’Isadora Duncan auprès d’Élisabeth Schwartz (Récital). Il mène aussi un travail au long cours avec la musicienne Marie-Pierre Brébant qui aboutit à la création, avec le plasticien Théo Mercier, de Radio Vinci Park (2016) – performance pour un motard, une claveciniste et un danseur, puis à Symphonia Harmoniæ Cælesitum Revelationum (2019), expérience musicale inédite dans laquelle iels traversent l’œuvre musicale de la moniale du XIIème siècle Hildegarde von Bingen. Après plusieurs années de recherches, il crée avec Nina Laisné Romances inciertos, un autre Orlando (2017), spectacle dansé et chanté à partir des figures de l’androgynie du folklore baroque espagnol, présenté lors de la 72ème édition du festival d’Avignon. Le son de ces deux dernières pièces a été enregistré en 2022 et 2023. Sa collaboration avec Nina Laisné a également donné lieu au film (Mourn, o Nature, 2018. En 2020, François Chaignaud co-signe GOLD SHOWER, en duo avec l’artiste japonais Akaji Maro, icône du butoh. Après sa tournée au Japon en 2021, cette pièce reçoit le Grand prix de la danse décerné par l’Agence japonaise pour la culture. En 2020, il interprète Un Bolero, chorégraphié en dialogue avec Dominique Brun, d’après l’œuvre de Bronislava Nijinska.
Parallèlement à son travail au plateau, il développe et poursuit une œuvre de chorégraphe. En 2018, il crée Soufflette pour les 14 danseur·euses du ballet norvégien Carte Blanche. Il crée en mai 2022 t u m u l u s, pièce pour 13 interprètes co-signée avec Geoffroy Jourdain, directeur de l’ensemble musical Les Cris de Paris. Ce projet, dans lequel les interprètes dansent et chantent en même temps un répertoire polyphonique sacré, poursuit le rêve de fonder une communauté qui se détermine par l’articulation de plusieurs pratiques. Il est également invité à créer, en octobre 2022, une courte pièce pour la compagnie Dançando com a Diferença, basée à Madère, Blasons. Ses travaux récents investissent aussi une dimension plus contemporaine de l’exploration des liens qui vont du son à la danse.
En 2021, François Chaignaud fonde la structure mandorle productions, qui affirme son souhait de poursuivre une démarche artistique marquée par de nombreuses collaborations.
Il crée en 2023 le spectacle Cortèges à la Philharmonie de Paris avec le compositeur Sasha J. Blondeau et l’autrice Hélène Gianecchini et le spectacle Mirlitons avec le beatboxer Aymeric Hainaux. En 2024 la collaboration entre François Chaignaud et Geoffroy Jourdain se poursuit avec le spectacle In absentia. La même année, François Chaignaud crée Petites Joueuses, une œuvre collective en forme de parcours déambulatoire dans les douves du Louvre Médiéval en réponse à une commande du Musée du Louvre et du Festival d’Automne à Paris. En 2025 Nina Laisné et François Chaignaud se retrouvent, cette fois-ci acompagné·es de la chanteuse argentine Nadia Larcher, pour la création du spectacle Último helecho. Un portrait réunissant dix pièces de son répertoire lui est consacré à l’occasion du Festival d’Automne à Paris 2025. En 2026 François Chaignaud est nommé à la direction du Centre Chorégraphique National de Caen en Normandie.
François Chaignaud a été nommé en 2020 chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, a reçu le Topor « Talent partout » décerné par le Théâtre du Rond-Point, ainsi que le Prix « Personnalité chorégraphique » du Syndicat de la critique 2021. En 2026 il reçoit le Prix Chorégraphie décerné par la SACD.