Jérôme Marin & Krista Fromet

L'Alcazar Productions / Artiste associé au CCN

Jérôme Marin & Krista Fromet

Jérôme Marin aka Monsieur K., est une figure incontournable de l’essor et du renouveau du cabaret en France. Il développe un art puissant, satirique et glamour, bricolé et virtuose, à la recherche de nouvelles formes de proximité et d’adresse au public. Fin connaisseur de l’histoire du cabaret, il partagera ses savoir-faire à l’occasion de nombreux rendez-vous. Il développera également ses futures créations et approfondit le lien historique entre danse et cabaret. Après Saucisson de cheval, Grotesque est sa seconde collaboration artistique avec Christa Fromet, comédienne formée au Conservatoire d’art dramatique d’Orléans, sous la direction de Jean-Claude Cotillard.

Extrait de la note d’intention de Jérôme Marin

« J’ai commencé mon travail de cabaret à Orléans, en 1997, avec les textes de Karl Valentin…
J’avais découvert son univers fascinant au Lycée, puisqu’il était l’un des auteurs imposés pour l’épreuve d’« art dramatique » de mon baccalauréat A3. Patrice Douchet, qui nous dirigeait, m’avait confié, en duo, « Chez le docteur ». La première fois que j’ai lu ce texte de 1937, j’ai été touché par son excellente bêtise mais surtout par le fait que cette scène pourrait très bien se dérouler maintenant (et presque 30 ans plus tard, je le pense encore) et que son absurdité aurait toujours autant le même écho troublant.
Le reste de l’œuvre de Karl Valentin est de la même trempe. Certaines saynètes sont peut-être plus datées dans la situation dramatique ou le contexte, mais elles restent terriblement corrosives par leur démonstration d’une bêtise humaine certaine et du grotesque de notre Monde. Une absurdité du quotidien, du langage, de la société… avec à certains endroits une petite claque politique bien sentie, voir une clef de bras au fascisme. Entre pirouette et discutable jonglerie, les mots et le (bon) sens des choses valsent joyeusement et/ou découvrent d’autres chausse-trapes malicieuses.
De plus, c’est avec Karl Valentin, et ce monologue « La fin du monde », qu’est né Monsieur K. … Aussi après avoir œuvré à redonner un peu d’indiscipline au Cabaret, j’avais envie de replonger dans ce grand bain outrancier et parfois sans queue ni tête, et retrouver une sensation, une façon de faire Cabaret qui me manquait. Et, bien sûr, je ne pouvais pas imaginer rejouer à la dînette ébréchée sans celle avec qui j’avais commencé cette aventure de cabaret : Krista Fromet.
En 1998, nous avons joué (à) Karl Valentin et Liesl Karlstadt dans tous les bars et bistrots d’Orléans avec des cartons pour décors et des costumes trouvés les jours de ramassage des ordures.
En 2026, nous allons le remettre en public avec les codes du Cabaret indisciplinaire et la fantaisie musquée qui lui sied à merveille.
Karl Valentin a toujours préféré jouer dans les bistrots et les cabarets avec un public qui parle, mange, boit et fume… redonnons-lui alors cet écrin ! »