« Il s’agit d’un duo. Black Dolls en est le titre provisoire.
Sur scène, Mulunesh et moi. Deux danseuses que le mouvement Krump a réuni.
Krump qui est un ADN mais loin d’être la seule corporalité, le seul médium pour raconter cette histoire.
Chacune a ses visions, ses carcasses et ses danses.
Le récit d’un mythe nous réunit.
Black Dolls, c’est une collection des toutes premières poupées faites par des femmes noires esclaves. (Deborah Neff, Black Dolls, Maison Rouge, Paris)
Ces poupées et les quelques vieilles photographies qui les mettent en scène, sont devenues des mythes pour moi.
La femme noire qui doit se représenter, s’incarner pour vivre, comme ces femmes noires esclaves qui se créent des corps en bout de cuirs, de chiffons, de fils et de boutons pour être aimée, (peut-être par l’enfant dont elle s’occupe, souvent blanc).
Elles seront toutes là ces poupées, ces femmes.
Vixen, Fox, objets, meubles, nourrices, mères laitières, déesses, putains, athlètes, stars, sacrifiées.
Deux femmes noires dansent la puissance érotique et la fureur nées du chaos ;
La puissance du chaos présent, de nos danses génies d’aujourd’hui.
J’y vois des postures venues d’un monde où le corps noir n’a jamais été anéanti.
J’imagine ce duo raconter la femme noire. A tout prix. La faire parler, la faire danser, la faire exister, la faire contempler. »
Nach
Dans le cadre du Dispositif « Accueil-studio » du ministère de la Culture.